La « désobéissance civile » plutôt que d’avaler le tiers-payant généralisé

Écrit par  Laurence Artaud, pour La Marseillaise.fr
dimanche 13 septembre 2015 10:21

Les médecins de la Confédération des syndicats médicaux français (spécialistes et généralistes) tiennent ce week-end leur université d’été à Giens dans le Var avec un objectif : abattre la loi Touraine.
« Clairement, si la loi passe, nous ne l’appliquerons pas ! » La prescription du docteur Luc Duquesnel est sans appel, administrée en réponse à « l’attaque » de la ministre Marisol Touraine, et cible tout particulièrement son projet de tiers-payant généralisé.
Le président de l’Unof- CSMF préconise ainsi la « désobéissance civile », pour lutter contre le mal : « Nous sommes assaillis par la bureaucratie, on consacre de plus en plus en plus temps aux tâches administratives, de moins en moins à nos patients. »
La confédération des syndicats médicaux français est la première organisation syndicale des médecins libéraux, elle regroupe spécialistes et généralistes, sachant que 30% de ces derniers (ils sont 60 000 à exercer dans l’Hexagone) y adhèrent (au sein de l’Unof-CSMF).
La confédération tenant ce week-end son université d’été dans le Var, à Giens, une grosse vingtaine de médecins, venus de toute la France, ont fait figurer Toulon parmi les étapes d’« un tour de France » programmé sur quatre semaines. Ils ont ainsi mené une action de protestation devant la Sécurité sociale de Toulon dans le but de dénoncer, en plus de la généralisation du tiers-payant : « Le démantèlement de [leur] métier », soit le transfert d’actes tel la vaccination et ceux liés aux maladies chroniques, respectivement vers les pharmaciens et les infirmiers.
Mais aussi « le harcèlement » dont ils s’estiment être victimes de la part des caisses d’assurance maladie. L’Unof-CSMF fustige également « une étatisation de la santé »…
L’avis médical du secteur libéral
La loi Santé cristallise décidément toutes les crispations, chacun y voyant midi à sa porte.
Quand du côté des syndicats qui défendent les personnels du secteur de la santé, on s’alarme de la casse du service public de santé, de l’autre, en l’occurrence ici, celui des médecins libéraux, on pointe que « l’hôpital public est un gouffre financier » qui « absorbe 60% du budget de la santé ». Les mêmes symptômes sont en outre diagnostiqués selon le prisme de chacun : « En raison de l’étatisation, les établissements privés seront sous la coup de groupements hospitaliers », lance un manifestant. « L’Agence régionale de santé concentrera tous les pouvoirs », ajoute son confrère.
Bref, si le jeu des médecins libéraux consiste à défendre leur pré carré, l’enjeu reste bien l’égalité d’accès aux soins pour tous les patients.
En ce qui concerne leur refus de voir se généraliser le tiers-payant, les médecins libéraux évoquent donc en premier lieu leurs difficultés logistiques – « 60% n’ont pas de secrétaires » -, mais ont leur conscience pour eux : « Les études montrent que cela ne changera rien pour ceux qui n’ont pas accès aux soins, nous sommes évidemment pour le tiers-payant social, mais ça existe déjà, c’est la CMU. »
Laurence Artaud

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